Se retenir d’éjaculer : quel impact sur la sexualité ?
Se retenir d’éjaculer peut-il affecter la sexualité masculine ou au contraire est-ce bénéfique comme semblent le suggérer les adeptes du challenge #nonutnovember, lancé sur les réseaux sociaux ? Pour Chantal Higy-Lang, sexologue-psychothérapeute, répondre à ces questions nécessite de remettre en perspective le mécanisme de l’éjaculation.
Top Santé : Se retenir d’éjaculer pendant un mois peut-il être dangereux pour la santé de l’homme selon vous ?
Chantal Higy-Lang : Tout d’abord, il serait important de savoir pour quel motif un homme se retiendrait d’éjaculer pendant un mois : mode, lubie, expérimentation pour lui et/ou son couple, nouvelle forme d’érotisme, contrôle sur soi, fertilité, amélioration de la libido… Car l’éjaculation n’est pas un mécanisme anodin, il est au coeur même de la sexualité humaine et permet la reproduction. On touche à une fonction essentielle et vitale. Un peu comme l’appétit … ou le sommeil.
Néanmoins, aucune étude ne démontre – selon mon expérience et mes connaissances de sexologue- un aspect dangereux de se retenir d’éjaculer, sinon les hommes abstinents parfois à vie (ordres religieux, éloignement, maladies) auraient de gros soucis de santé.
Y a-t-il une durée d’abstinence recommandée ?
Chantal Higy-Lang : Si l’on considère l’aspect qualitatif du sperme, les enquêtes menées dans les laboratoires visant à mieux comprendre l’infertilité masculine, signalent que le sperme nécessite 2 à 7 jours après un rapport sexuel pour être à nouveau de bonne qualité en vue de la procréation.
Le temps d’abstinence et sa pertinence dépendent aussi de l’âge de la personne : un jeune garçon n’aura aucune difficulté à éjaculer dix minutes après un rapport sexuel ce qui n’est pas le cas d’un homme mature voire plus âgé.
En tant que sexologue, l’éjaculation est-elle une problématique si importante dans la sexualité ?
Chantal Higy-Lang : Oui, le thème de l’éjaculation en général me paraît très important car il met en lumière tout un mécanisme à la fois naturel et complexe dans la sexualité et la fonction érotique. Beaucoup d’hommes consultent pour une raison d’éjaculation : elle survient prématurément (éjaculation prématurée parfois même avant la pénétration) – elle a du mal à venir (anéjaculation, dyséjaculation) et la partenaire se lasse – ou encore l’éjaculation dite rétrograde (suite à une opération de la prostate par exemple) où l’homme ne ressent plus l’expulsion de son sperme – etc.
Retarder l’éjaculation est-elle une pratique que l’on peut instaurer au sein du couple ?
Chantal Higy-Lang : S’amuser en couple à retarder l’éjaculation me semble une activité sexuelle intéressante. L’homme peut apprendre à mieux contrôler la gestion de son excitation et ainsi faire durer le plaisir, il peut peut-être même venir à bout d’une éjaculation trop rapide qui mine sa relation amoureuse depuis des années.
Cette pratique présente-t-elle des risques ?
Chantal Higy-Lang : Il n’y a aucun risque à condition de ne pas occasionner un blocage de l’éjaculation par la suite.
Quels seraient les limites à l’exercice ?
Chantal Higy-Lang : Il importe de ne pas perdre de vue que ces « exercices » ne doivent pas s’effectuer en dehors de l’érotisme, […..]
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