RC Lens : la Ligue des champions à l’horizon, mais un mercato très timoré – excès de prudence ou manque d’ambition ?
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Vainqueur de la Coupe de France et dauphin du PSG, le Racing va retrouver l’Europe. Pourtant, son début de marché respire davantage la prudence que l’ambition. Et ça interroge.
Soyons clairs : la saison fut historique. Première Coupe de France de l’histoire du club, deuxième place en Ligue 1, retour dans la cour des grands. Bollaert va de nouveau vibrer au son de l’hymne de la C1. De quoi rêver, forcément.
Et c’est précisément là que le bât blesse. Car à l’heure d’aborder ce rendez-vous prestigieux, le RC Lens avance à petits pas. Trop petits, peut-être.
Le bilan des arrivées, pour l’instant, tient sur un timbre-poste : Thorgan Hazard, libre, une deuxième recrue dans la foulée, et la levée d’option d’achat de Saud Abdulhamid. Rien de clinquant. Côté pistes, le constat se répète : on parle surtout de remplaçants — Giulian Biancone ou Raphaël Lipinski en défense — pour combler des trous, pas pour franchir un cap. Du colmatage, ou plutôt de l’anticipation prudente.
Le problème, c’est l’addition des départs. Adrien Thomasson est déjà parti à Rennes, Wesley Saïd file au Qatar, Malang Sarr est sur le départ, Mamadou Sangaré devrait être vendu pour renflouer les caisses, Allan Saint-Maximin lorgne la MLS et le jeune gardien Robin Risser plaît en Premier League. Faites le calcul : jusqu’à quatre titulaires susceptibles de s’en aller. Pour les remplacer, des noms de Ligue 2 et des paris à bas coût. La pilule est un peu dure à avaler quand on s’apprête à défier l’élite européenne.
Alors oui, on connaît la chanson de Jean-Louis Leca. Gestion saine, refus de brader, méfiance vis-à-vis de la baisse des droits TV. « On va se poser, on va voir », résume-t-il. Une philosophie respectable, héritée des erreurs du passé, et qui a fait ses preuves. Sur le plan comptable, difficile de lui donner tort.
Sauf que la Ligue des champions ne se joue pas sur un bilan comptable. Et l’histoire récente devrait servir d’avertissement. Souvenez-vous de l’été 2023 : après une deuxième place identique, Lens avait perdu Seko Fofana et Loïs Openda sans jamais vraiment les remplacer. Résultat ? Une phase de groupes sans la moindre victoire. Le scénario menace de se répéter, à l’identique, si la frilosité l’emporte.
Un grand club, c’est aussi un club qui ose. Qui réinvestit ses ventes plutôt que de les thésauriser. Qui profite de l’argument C1 — réel — pour attirer mieux que des profils en quête de rebond. La qualification européenne est une fenêtre rare ; la laisser passer par excès de précaution serait un gâchis.
Reste un facteur d’incertitude, et non des moindres : l’avenir de Pierre Sage, toujours pas tranché. Difficile de bâtir une ambition quand l’architecte hésite à rester.
Le mercato ne fait que commencer. Lens a encore tout le temps de prouver qu’il voit grand. Pour l’heure, il voit surtout prudent.
