Retour sur l’événement business de la semaine : les Girondins de Bordeaux rachetés par Sparta Capital, Dominique Delport président

Les 10 M€ exigés ont été réunis dans les délais. Le club au scapulaire échappe à la liquidation et joue désormais sa réintégration en National 1.
Vendredi soir, à Bordeaux, personne n’a vraiment dormi. Il faut dire que le compte à rebours avait quelque chose d’irréel : quelques heures pour trouver dix millions d’euros, ou disparaître. Six fois champion de France, le club au scapulaire s’est retrouvé à jouer sa survie sur un virement bancaire.
Il l’a gagné. Le fonds d’investissement britannique Sparta Capital a réuni les sommes nécessaires à la reprise et au plan de continuation, désormais placées sous séquestre. La transaction met un terme à l’ère Gérard Lopez, président depuis 2021 d’un club passé de la Ligue 1 à la quatrième division.
Delport prend la parole, en anglais
Le voile s’est levé ce samedi matin. Dominique Delport, homme de médias et membre du conseil de surveillance de Vivendi, a annoncé sur X qu’il deviendrait le nouveau président du FC Girondins de Bordeaux. Il a également confirmé la présence de l’entrepreneur britannique James Bord parmi les investisseurs.
Un communiqué a suivi. On y lit une ambition assumée : rendre aux Bordelais un club digne du haut de la Ligue 1, en rappelant le rôle qu’a joué la ville dans l’histoire du football français — les titres, bien sûr, mais aussi les entraîneurs et les joueurs qui ont ensuite porté l’équipe de France.
Belle intention. Reste à voir ce qu’elle vaudra dans six mois.
Un montage qui interroge déjà
Car les questions ne manquent pas. Sparta Capital pourrait se retirer une fois le club sauvé, laissant la main à des investisseurs étrangers entrés dans le dossier en début de semaine seulement. Parmi eux, James Bord, connu du grand public comme joueur de poker professionnel, et déjà associé à un projet de reprise de Sheffield Wednesday.
Plusieurs observateurs, à commencer par le journaliste Romain Molina, ont publiquement pointé l’opacité de la structure. Dans un dossier de ce type, avec un club exsangue et un calendrier contraint, la vigilance semble effectivement de mise.
Le dernier mot revient à la FFF
Sur le plan sportif, rien n’est encore réglé. La garantie financière permet aux Girondins de défendre leur dossier devant le CNOSF, dans l’espoir d’obtenir une réintégration en National 1 et d’écarter définitivement la liquidation judiciaire.
Problème : la Fédération française de football a déjà publié le calendrier et les groupes de la nouvelle saison. Réintégrer Bordeaux suppose donc de rouvrir une organisation bouclée. Ce n’est pas impossible. Ce n’est pas simple non plus.
Une reconstruction qui prendra des années
Soyons clairs sur un point : même en cas de réintégration, la route sera longue. Quatrième division, dette restructurée, centre de formation abandonné, statut professionnel perdu — le passif accumulé depuis cinq ans ne s’efface pas avec un chèque.
Mais à Bordeaux, ce samedi, on se contente de l’essentiel. Le club existe encore. Il y a une semaine, ce n’était pas acquis.
