Témoignage : j’ai maigri de 72 kg
A 48 ans, je suis né une seconde fois dans un nouveau corps. J’ai, en effet, perdu 54 cm de tour de taille, 38 cm à chaque cuisse et je suis passé de 177 à 105 kg. Le déclic s’est produit en 2015, lors d’une opération de la vésicule biliaire. Ce fut un choc de me découvrir si gros, car je pensais peser 135 kg.
J’ai alors compris pourquoi, à 47 ans, je ne pouvais presque plus marcher sans être essoufflé, au point de m’étouffer parfois, et pourquoi je souffrais tant des articulations, d’apnées du sommeil, d’hypertension.
J’ai compris que j’étais en danger et que mon espérance de vie était réduite. J’étais à bout, aussi, d’être montré du doigt et de subir des humiliations liées à ce corps énorme, qui me pourrissait la vie. Je ne voulais plus rester assis à la regarder passer. C’était décidé, j’allais maigrir.
La chirurgie bariatrique n’était pas une option
Il m’a d’abord fallu accepter que l’obésité n’était pas une fatalité, mais une maladie. La chirurgie bariatrique, qui consiste à réduire la taille de l’estomac, n’était pas une option, car elle me faisait peur et présentait en outre de gros risques. Fin août 2015, j’ai donc choisi de me faire hospitaliser 6 semaines dans une clinique. Cela a bouleversé ma vie. En travaillant avec la psychologue, j’ai pu cerner les éléments déclencheurs de mes pulsions alimentaires et les contrôler.
Avec les diététiciennes, j’ai dû remettre en question mes convictions pour réapprendre à m’alimenter. L’éducateur sportif est celui qui m’a fait le plus peur, car j’arrivais tout juste à marcher et il me parlait de faire du sport ! Ce fut le plus dur, tant les douleurs étaient omniprésentes. J’ai appris à les dépasser et à repousser mes limites, jusqu’à faire une marche de 7 km une semaine avant ma sortie. Quelle émotion…
Passer de « gros » à « normal » a été compliqué
De retour chez moi, j’avais perdu 18 kg. Pour ne pas retomber dans mes travers, mes angoisses et mes mauvaises habitudes alimentaires, j’ai recréé les conditions de mon hospitalisation, en impliquant mon généraliste, une kinésithérapeute pour le suivi musculaire, un ostéopathe, et j’ai fait de l’aquagym.
J’ai aussi évité les conflits et les situations stressantes. Au fil des semaines, tandis que mon corps se métamorphosait au gré des kilos perdus, j’avais de plus en plus de mal à contrôler mes émotions : bonheur, joie, fierté et peur, tout s’entremêlait. Je ne cessais d’avoir les larmes aux yeux, au point de prendre un antidépresseur. Passer de « gros » à « normal » a été compliqué car, certes, je réalisais mon rêve, mais en perdant une partie de moi et de mon identité. Je ne me connaissais qu’obèse et je ne me reconnaissais pas. Si bien que j’ai eu du mal à m’approprier mon nouveau corps et ma nouvelle image quand mon poids s’est stabilisé au bout de 9 mois. […..]
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