Mondial 2026 : France et Espagne favorites mais la hiérarchie n’a jamais été aussi serrée

Souvenez-vous du Qatar en 2022. Quelques favoris écrasants, un boulevard tracé d’avance, puis une finale de légende. Quatre ans plus tard, le décor a changé.
Jamais, depuis 2014, les bookmakers n’avaient affiché un écart aussi mince entre leur grand favori et leur cinquième larron. Autant dire que cette édition à 48 équipes, lancée ce jeudi en Amérique du Nord, s’annonce comme la plus ouverte depuis longtemps.
L’Espagne en patronne, la France en embuscade
En tête de gondole : la Roja. Championne d’Europe en titre, l’Espagne caracole avec la cote la plus courte du tournoi, autour de 5,50. La raison ? Un cycle Yamal-Pedri arrivé à pleine maturité, et une série de 31 matchs officiels sans défaite qui force le respect. À cela s’ajoute un groupe de poules clément — Cap-Vert, Arabie saoudite, Uruguay —, de quoi entrer dans la compétition sans trembler.
Juste derrière, les Bleus. Première nation au classement FIFA depuis huit ans, la France débarque avec un argument que personne ne peut égaler : la profondeur. Sept attaquants de niveau européen sur la feuille de match. Sept. Mbappé n’est plus, ou plutôt n’est plus seul, l’unique épouvantail d’une attaque qui donne le vertige. Reste un détail qui pourrait coûter cher : un groupe I piégeux, avec le Sénégal, l’Irak et la Norvège. Pas de boulevard pour Deschamps.
L’Angleterre, l’Argentine, le Brésil : le reste du quinté
Troisième sur le podium des pronostics, l’Angleterre. Soixante ans qu’elle attend, soixante ans qu’elle rêve. Avec une profondeur d’effectif qui rivalise avec celle de l’Espagne et de la France, le moment semble enfin venu. À voir si le mental suivra.
Vient ensuite l’Argentine. La tenante du titre, cotée entre 7 et 10 selon les opérateurs, ne fait plus figure de favorite numéro un — mais qui oserait l’enterrer ? L’expérience de 2022 et cette mentalité de tueur restent des armes redoutables, même si le cœur du collectif a pris quelques rides.
Et le Brésil ferme la marche du quinté, dans un mouchoir de poche avec l’Albiceleste. La Seleção mise sur sa relève — Endrick, Raphinha — pour effacer des années de frustration. Le pari de la jeunesse.
Et les autres ? Méfiance
Le verdict des cotes ne fait pas tout. Derrière ce groupe de tête, le Portugal, l’Allemagne et les Pays-Bas attendent leur heure. Surtout, ne pas oublier le Maroc, demi-finaliste surprise il y a quatre ans. Deschamps lui-même l’a glissé parmi les prétendants, aux côtés des cadors habituels. Une sortie qui a fait causer dans les chaumières.
Une dernière chose, et elle a son importance : ces classements bougeront vite. Un faux pas en poule, une blessure, un coup de chaud, et toute la hiérarchie peut basculer en quarante-huit heures. Les dés sont jetés. À nous de regarder.
