Mieux bouger grâce à la méthode Feldenkrais
Bouger comme un petit enfant qui expérimente de nouveaux mouvements en s’amusant, éviter les tensions et les efforts inutiles, voilà l’objectif de la méthode Feldenkrais. Elle a été inventée dans les années 50 par Moshe Feldenkrais, docteur en physique et passionné par le système nerveux, pionnier du judo en Europe. Après une blessure au genou, refusant une opération aux résultats incertains, il a cherché comment se déplacer sans douleur en observant des enfants, puis a créé sa méthode et n’a cessé de la perfectionner. En France, elle est enseignée par 2 000 praticiens, en salles de sport, cabinets de kiné et même à l’hôpital. Sportifs, danseurs, enfants, personnes en rééducation… elle aide chacun à faire un meilleur usage de soi, c’est-à-dire à bouger en dépensant juste l’énergie nécessaire et en utilisant la force de son squelette plus que celle de ses muscles.
Libérer le souffle avec la méthode Feldenkrais
Plusieurs facteurs peuvent altérer la respiration : le stress, un manque de mobilité du sternum, de la cage thoracique, du diaphragme ou des psoas (les muscles fléchisseurs de la hanche), mais également des maladies respiratoires telles que l’asthme. « Les séances de la méthode Feldenkrais axées sur la respiration permettent de prendre conscience de l’ampleur et du rythme du souffle, et d’expérimenter les différentes manières de respirer, par exemple en bougeant seulement le thorax ou uniquement le ventre, en position debout, assise ou couchée, par une narine ou les deux… On parvient ainsi à libérer les tensions, à trouver la manière de respirer adaptée aux circonstances et à augmenter sa capacité respiratoire », explique Alain Montebran, formateur Feldenkrais.
Favoriser la plasticité cérébrale
Lorsqu’on suit une séance de Feldenkrais, on travaille souvent un mouvement d’un seul côté du corps, afin d’observer la différence avec l’autre côté. Si l’on cherche, par exemple, comment lever le bras droit le plus haut possible, le cerveau est alors capable de transposer ce mouvement au bras gauche, comme s’il l’avait vraiment effectué. Visualiser une séance le soir, avant de s’endormir permet ainsi de renforcer et d’ancrer l’apprentissage. Et si vous avez la jambe dans le plâtre, par exemple, essayez d’imaginer tous les jours que vous bougez et contractez vos muscles pour exécuter des mouvements précis… Grâce à cette simulation du mouvement par le cerveau, vous perdrez moins de muscle.
Feldenkrais pour apprendre à se relever
Au cours des séances collectives, dites « leçons de prise de conscience par le mouvement », on commence par prêter attention aux sensations corporelles en position debout, puis sur le dos, en cherchant la détente dans une position neutre et confortable. « On s’intéresse à une fonction ou à l’usage d’une partie du corps, par exemple se tenir assis droit, se lever d’une chaise, s’asseoir au sol et se relever, tourner sur soi-même… L’enseignant explique le mouvement, mais ne le montre pas, de façon à ce que chacun expérimente différentes manières de l’effectuer, s’autorise à jouer, à se tromper, à bousculer ses habitudes, […..]

