Masques en tissu : attention aux malfaçons
Dans le sous-sol d’un atelier de couture, à Paris, des couturières s’affairent 12h par jour à fabriquer des masques. Bouteille de désinfectant, gel hydroalcoolique, machines à coudres et mètres mesureurs se mêlent à la pile de masques en confection. Cet atelier sauvage est une initiative de la styliste et créatrice parisienne Noémie Devime. Elle s’est portée volontaire pour venir en aide à une marque du sud de la France, spécialisée dans les sous-vêtements masculins et reconvertie en productrice de masques destinés aux pompiers, le temps de la pénurie qui marque cette période de Covid-19 en France.
6000 pièces à fabriquer, à la main, en un temps record : voilà son engagement. Sur l’antenne de production improvisée à Paris, elles sont 9 femmes du monde de la mode à s’être converties en travailleuses à la chaîne. A l’exception près que, pour des raisons de sécurité, aucune « chaîne » n’est possible. Elles fabriquent donc les masques de A à Z, avec une minutie extraordinaire.
Comment bien fabriquer un masque ?
« On pense que fabriquer un masque, c’est facile. Il suffit de savoir coudre ! Mais non, il y a beaucoup de règles à respecter. » Les masques barrières ne doivent pas seulement faire « barrière » au virus, ils doivent aussi vous permettre de respirer. Et certains ont tendance à l’oublier… La fausse bonne idée serait par exemple d’utiliser des matières enduites ou imperméables, qui ne laissent pas correctement passer l’air.
Autre consigne : « Si vous faites une couture sagittale, qui rejoint le nez et la bouche au milieu de votre masque, les trous d’aiguilles suffisent à le rendre poreux et à ne plus vous protéger du virus ! » explique Clotilde Faure, créatrice de mode associée à Noémie Devime dans cette aventure. Sans compter que les tissus, souvent élastiques, peuvent se distendre avec le temps et laisser ces micro trous de coutures s’agrandir.
Pour sécuriser leurs masques, qui ont ce type de couture, elles expliquent : « il y a trois couches, une intérieure en jersey de coton, c’est doux et ça permet de ne pas trop irriter la peau. Une extérieure dans une matière synthétique, et une intérieure. Cette dernière n’a pas de couture, ce qui lui permet de sécuriser le masque, c’est le « filtre ». On utilise de la polaire, type Quechua quoi !«
Toutes les matières ne sont pas bonnes pour réaliser un masque. Certaines ne filtrent pas suffisamment, d’autres bloquent trop l’air, certaines sont irritantes, inconfortables… Ou trop élastiques. Bref, faire ses propres masques en tissu, c’est compliqué, et il ne faut pas se tromper, si l’on compte s’en servir pour se protéger de contracter le Covid-19.
Fabrication de masques, un métier
L’objectif est finalement de répondre à deux critères essentiels : qu’ils soient perméables à l’air, mais qu’ils filtrent quand même les particules (à hauteur de 70 à […..]

