Les réseaux IoT s’emparent des compteurs d’eau
Avec 891 millions de compteurs communicants déployés d’ici 2025 dans le monde, les utilities devraient représenter la principale verticale de l’IoT en termes de volumes d’objets déployés, selon l’Idate. Veolia a été l’un des premiers en France à passer à l’échelle, en annonçant en décembre 2018 déployer 3 millions de compteurs d’eau communicants. Attention, il faut bien distinguer deux sortes de compteurs : ceux dits privés, installés chez les particuliers, et les compteurs destinés à surveiller le réseau.
Pour communiquer, ces derniers évoluent vers l’IoT cellulaire, en raison de l’arrêt du RTC, le réseau de téléphonie commuté. « Les acteurs cherchent des solutions alternatives et les réseaux IoT leur offre une robustesse et un gain de temps dans leur activité », témoigne Gweltaz Le Coz, expert sur le sujet du smart water chez Matooma. Pour lui, le réseau NB-IoT tire son épingle du jeu en raison de son fonctionnement similaire aux systèmes en place et à ses débits. Les compteurs installés dans les réseaux d’eau sont régulièrement sollicités, parfois toutes les 15 minutes. « Il ne suffit plus de remonter des informations sur les consommations, il faut pouvoir garantir les mises à jour des compteurs à distance, détecter les fuites d’eau, le sens du débit, etc. », souligne Hatem Oueslati, d’IoTerop, qui réalise 80% de son chiffre d’affaires dans le smart metering et a fourni dernièrement sa technologie à Elvaco, fabricant suédois d’équipements pour la mesure de l’énergie.
De leur côté, les compteurs d’eau destinés aux particuliers utilisent principalement des réseaux radio (LoRaWAN ou Sigfox) pour un relevé journalier, en remplacement d’une télérelève mensuelle manuelle. « Pour des compteurs installés dans des zones isolées, en sous-sol, nous n’étions pas sûrs d’avoir une couverture suffisante avec des antennes cellulaires et l’abonnement par objet connecté est moins cher avec un réseau privé en LoRaWAN », confie Bertrand Eichinger, directeur commercial d’Hydrao, qui a présenté en février un compteur intelligent pour le smart building, dont un premier déploiement a lieu à Grenoble.
L’interopérabilité, par les réseaux ou la plateforme
« Nous ne pourrons néanmoins pas atteindre les chiffres annoncés par l’Idate sans interopérabilité » entre les infrastructures des compteurs privés et des compteurs publics, estime Hatem Oueslati, président d’IoTerop, fournisseur de solutions pour la sécurité et la gestion des objets connectés. Une interopérabilité en particulier nécessaire pour ouvrir les datas des compteurs à la smart city. La preuve avec la métropole Aix-Marseille-Provence qui souhaitait une mutualisation des données des différents compteurs d’eau sur ses 17 communes pour réaliser une analyse fine des consommations à la fois des habitants et du réseau, et ainsi mieux détecter les fuites, éviter le gaspillage des ressources tout en offrant des gains économiques.
« Sur la métropole Aix-Marseille Provence, nous avons fait le choix d’utiliser la technologie GPRS pour les deux infrastructures », raconte Guillaume Gimenez, CEO de 2GI Technologie, l’entreprise qui installe l’infrastructure pour rendre communicant les compteurs de la métropole. Au total, 200 000 compteurs d’eau connectés fonctionnent sur ce réseau, ainsi que 13 000 répéteurs et 100 concentrateurs (appareil permettant de concentrer les transmissions de […..]

