L’alcool jouerait sur nos souvenirs en modifiant nos molécules
Bouche pâteuse, mal de tête, sensibilité à la lumière et au bruit… Les symptômes d’une gueule de bois sont loin d’être agréables à vivre. L’alcool ayant à peine quitté son corps, qui ne s’est jamais entendu dire » plus jamais » ? Pourtant, dès que l’occasion se représente à nous, notre esprit semble avoir déjà oublié les mauvais souvenirs, et nous voilà prêt à consommer de nouveau. Selon des chercheurs de l’Université de Brown (États-Unis), l’alcool modifierait en fait le processus de la formation des souvenirs au niveau fondamental, celui des molécules.
Les recherches, publiées le 25 octobre dans la revue Neuron, ont été réalisées par l’équipe de Karla Kaun, professeure adjointe de neuroscience à l’université américaine. Elle explique dans un communiqué : » Toutes les drogues d’abus – alcool, opiacés, cocaïne, méthamphétamine – ont des effets secondaires indésirables. Elles donnent aux gens la nausée ou la gueule de bois, alors pourquoi les trouvons-nous si enrichissantes ? Pourquoi nous souvenons-nous des bonnes choses qui les concernent et non des mauvaises ? Mon équipe essaie de comprendre au niveau moléculaire ce que les drogues d’abus font à la mémoire. »
Quelles molécules en jeu ?
Les scientifiques se sont donc penchés sur les voies de signalisation moléculaires impliquées dans les souvenirs de récompense liés à l’alcool. Pour comprendre, voyons ces voies de signalisation moléculaires comme des cascades de dominos : lorsque le premier domino tombe, soit la première molécule biologique activée, il déclenche ceux qui le suivent les uns après les autres.
Les chercheurs ont étudié des mouches à vinaigre, formées à trouver de l’alcool. Finalement, ils ont découvert qu’une protéine, » Notch », serait l’une des responsables de l’attirance des mouches pour la boisson. Il s’agit de la première molécule, le premier » domino » d’un ensemble ayant un rôle dans le développement de l’embryon et du cerveau, ainsi que dans le fonctionnement de ce dernier chez l’adulte.
Dans cet ensemble, l’un des dominos – présent plus tard dans la chaîne affectée par l’alcool – est le gène appelé » récepteur de type dopamine-2 ». Il fabrique une protéine qui reconnaît la dopamine, le fameux neurotransmetteur responsable du bien-être. Ce » récepteur de type dopamine-2 » est aussi connu pour être impliqué dans le codage de la mémoire agréable ou répulsive.
De subtiles modifications de la protéine
Mais quel est le rôle de l’alcool dans tout cela ? Les scientifiques ont montré qu’il n’avait pas activé ou désactivé le gène du récepteur de la dopamine, ni augmenté ou ni diminué la quantité de protéines » Notch » produite. En fait, il a subtilement modifié cette protéine, créant un impact sur toute la chaîne de dominos. » Nous ne savons pas quelles sont les conséquences biologiques de ce petit changement, mais l’une des conclusions importantes de cette étude est que […..]
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