La recyclabilité, un critère en devenir dans les projets IoT
Pas facile de produire des objet connectés recyclables. Mais « de grands groupes comme Schneider Electric ou Somfy se sont fixés des objectifs pour arriver à un équilibre carbone d’ici à 2025. La recyclabilité de l’IoT s’intègre dans ces objectifs », explique Yanis Cottard, président du fabricant Altyor, qui, tout comme Lacroix Group, travaille sur la recyclabilité de ses projets IoT. Même son de cloche chez Carole Bonnafous, directrice de la BU smart data & IoT dans le groupe Spie, intégrateur de solutions dans les domaines de l’énergie et des communications : « La recyclabilité des capteur va devenir un critère incontournable même si pour les entreprises, ce n’est pas encore une réalité opérationnelle ».
Au-delà des démarches RSE, la législation sur la fin du plastique à usage unique d’ici 2040 va également pousser les entreprises à s’intéresser au caractère recyclable de leurs devices. « Les clients vont devoir être plus attentifs aux processus », avance Edouard Clément, délégué régional chez PlastiOuest, groupement des entreprises de la plasturgie et des composites. « Les entreprises ont des impératifs de coûts. Les solutions recyclables ne seront industrialisées qu’à partir du moment où elles engendreront un ROI pour leur utilisateur », met cependant en garde Christophe Fourtet, directeur scientifique chez l’opérateur IoT français Sigfox, qui développe le concept avant tout pour les objets connectés jetables.
« Il est indispensable que les produits soient démontables »
La première étape pour garantir la recyclabilité des objets connectés tient dans le choix des composants. « Ils combinent généralement du plastique, du silicium, de l’aluminium et des composants électroniques, explique Christophe Fourtet. Or pour assurer leur recyclabilité, il est important de ne pas varier les matières dans un même objet. » Le fabricant Altyor, qui a officialisé mi-avril sa démarche Design for tomorrow, utilise le logiciel SiliconExpert pour contrôler le choix de composants électroniques en fonction de critères responsables. Pierre Garner, CEO d’Elium Studio qui a travaillé à la conception de dizaine de produits, préconise l’usage du plastique. « Ce matériau a des avantages techniques certains, notamment pour réaliser des injections complexes, et il est préférable à l’acier par exemple dans l’étude complète du cycle de vie des produits. » La plasturgie est par ailleurs dotée d’une filière de recyclage opérationnelle.
La batterie, premier sujet des entreprises
La fabrication, deuxième pilier de la démarche de recyclabilité, doit être pensée en amont : « Il est indispensable que les produits soient démontables, indique Pierre Garner, chez Elium Studio. Nous ne mettons plus de colle, ni de vernis et de peinture sur nos objets connectés. » C’est sur ce principe qu’Altyor a conçu il y a déjà deux ans son bouton d’action Clic-me, disponible avec les réseaux Sigfox et LoRaWAN. Ce bouton entièrement démontable n’a aucune vis. Un premier exemple pour Altyor, qui a fabriqué en 2019 un million d’objets connectés – l’IoT représente 50% du chiffre d’affaires du groupe (32 millions d’euros en 2019). A terme, l’ensemble de ses produits seront pensés pour favoriser leur recyclabilité dès la conception. Leur mise à jour à distance est également […..]
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