« Je m’en bats le clito », un compte Instagram qui libère la parole sur la sexualité féminine
Top Santé : Comment vous est venue l’idée de ce compte ?
Camille : « A l’origine du compte, il y a eu un élément déclencheur : chez un ami, j’entends autour de moi que la discussion tourne autour des femmes, de plaisir féminin, de ce qu’il faut faire – ou pas – pour donner du plaisir à une femme… Je me rappelle avoir été complètement sidérée par ce que disaient mes amis. Je me suis dit « Vous avez tous 25 ans et vous êtes à côté de la plaque, vous n’êtes pas au courant ». En fait, cela faisait déjà une semaine que je m’étais fait la réflexion sur le fait que j’employais des expressions pas adaptées aux femmes comme « je m’en branle » ou « je m’en bats les couilles ». J’ai donc ouvert sur Instagram mon compte intitulé « je m’en bats le clito ». J’ai fait un post, puis un, deux, trois et on connaît la suite, c’est plutôt démentiel.
Quels stéréotypes reviennent le plus souvent de la part des hommes ?
Camille : D’abord la méconnaissance sur la masturbation féminine, j’en entends souvent me dire « ah mais les femmes vous vous masturbez vraiment ? ». Quand ils savent qu’on se masturbe, ils sont persuadés qu’on le fait moins qu’eux, par exemple une fois par mois mais jamais plusieurs fois par jour comme les hommes.
C’est une méconnaissance partagée par des hommes de tout âge. Le vrai problème n’est pas qu’on se masturbe moins c’est que les femmes ne le disent pas. La masturbation féminine n’est pas banalisée au même titre que la masturbation masculine. On n’entend jamais les femmes parler de « se doigter » comme on entend les hommes parler de « branlette ».
Un autre stéréotype courant est celui selon lequel les filles ne regardent pas le porno. Et si elles en regardent, alors, ce sont des films mignons.
En revanche, le cliché selon lequel une fille, ça ne couche pas le premier soir, est un peu moins présent chez les hommes. Ça commence à rentrer mais c’est parce que ça les arrange aussi !
Enfin je me suis aperçue qu’il y avait beaucoup d’a priori sur le humping (pratique sexuelle qui consiste à se frotter contre quelque chose) qui est souvent la première technique de masturbation. Après avoir fait un post où je disais que je m’étais fait une séance de humping et que ça valait le coup, j’ai eu 300-400 messages de remerciements de la part de femmes qui pensaient jusqu’ici qu’elles étaient bizarres de le faire, ou se croyaient seules à le pratiquer.
Votre compte Instagram aide à libérer la parole des femmes sur leur sexualité…
Effectivement, comme d’autres comptes sur le sujet, « Je m’en bats le clito » contribue à libérer la parole, à enlever une honte, lever un tabou qui était omniprésent chez presque toutes les femmes. Il aide à renouer la communication entre les femmes. Dans mes posts, je dis tout haut ce qu’on pense tout bas. Beaucoup de femmes se reconnaissent dans mes publications et assument mieux leur sexualité. Elles se disent : « je suis tout à fait […..]
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