Gaia-X : la France et l’Allemagne lancent leur Airbus européen du cloud
Les ministres de l’économie allemand et français Bruno Le Maire et Peter Altmaier annoncent ce jeudi 4 juin le lancement du consortium Gaia-X. En projet depuis février 2019 au sein des deux ministères, il regroupe 22 membres fondateurs originaires, à parts égales, de France et d’Allemagne. Les principaux acteurs du cloud français sont autour de la table : OVHCloud, Orange, Scaleway et 3DS Outscale, filiale de Dassault Systèmes. A leurs côtés, on retrouve d’autres groupes hexagonaux tels l’ESN Atos ou l’industriel Safran. Outre-Rhin, Deutsche Telekom, SAP ou encore Siemens ont répondu présents. Une première feuille de route a été dévoilée. D’ici septembre, une association (de droit belge) sera créée pour donner une structure juridique au consortium. Les travaux de R&D doivent aboutir début 2021 à une première place de marché de services cloud.
Allant de l’infrastructure (IaaS) aux applications (SaaS), les services référencés par Gaia-X seront directement issus des offres des providers membres du consortium qui s’engageront à respecter une série de critères. Le premier d’en eux : la réversibilité des données et des applicatifs pour faciliter leur migration d’un cloud à l’autre. « En créant un marché ouvert à la concurrence, l’objectif est de s’attaquer au vendor lock-in de certains grands fournisseurs qui peuvent profiter de leur position dominante pour pratiquer des augmentations de tarifs arbitraires risquant de mettre les TPE-PME au pied du mur », souligne Bercy. Autre critère : la nécessité d’indiquer où sont stockées les données, et de préciser si le service est soumis ou pas à une législation extraterritoriale, comme le Cloud Act américain.
Une ouverture sur les clouds non-européens
Gaia-X pourra évidemment accueillir de nouveaux membres. « Y compris des clouds non-européens « , précise-t-on à Bercy. Seule condition : ils devront évidemment respecter les règles du jeu évoquées plus haut. « Il est important que les grands fournisseurs que sont Amazon ou Microsoft puissent avoir leur place au sein de Gaia-X pour contribuer à définir des méthodes permettant de rendre leur propre solution réversible. L’enjeu est de rééquilibrer le rapport de force et de transformer la relation de dépendance à ces acteurs en relation de complémentarité. » Pour Bercy, certains GAFAM au premier rang desquels Microsoft ont pris conscience de « la nécessité de sortir d’une relation client verticalisée et monopolistique pour évoluer vers une logique de réversibilité ».
« Gaya-X a pour objectif d’aboutir à un méta-cloud »
Les membres fondateurs de Gaya-X se sont déjà accordés sur les règles de mise en œuvre de la future plateforme. Egalement dévoilée jeudi 4 juin, elles recouvrent à la fois des politiques ciblant les services d’infrastructure (IaaS) et d’application (SaaS). Deux dimensions qui ont été traitées en parallèle par des groupes de travail différents. OVHCloud a porté celui sur le IaaS. « Sur la partie infrastructure, ces policy rules s’appuient par exemple sur le code de conduite de la coalition CISPE sur la protection de données, auquel nous avons collaboré. Mais également sur le code de réversibilité que nous avons remis en novembre 2019 à la Commission européenne suite à l’adoption du règlement sur la […..]
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