COVID-19 : lutter contre la psychologie de la peur et du doute
Se servir de la peur pour multiplier les escroqueries
Les cyberhackers ne se limitent pas aux malwares. Fin 2019, un rapport[1] sur la relation entre l’organisation cybercriminelle TrickBot et la Corée du Nord, acteur APT notoire, a démontré que l’efficacité des dispositifs employés est décuplée dès lors que le levier psychologique est utilisé dans les messages électroniques
L’université américaine Johns Hopkins et le CSSE (Center for Systems, Science, and Engineering) ont mis au point une carte interactive modélisant la propagation de l’épidémie de COVID-19 par pays, province, état et ville. Au 10 mars 2020, les principaux pays touchés étaient la Chine, l’Italie, l’Iran, la Corée du Sud, l’Espagne, la France, l’Allemagne, les États-Unis et le Japon. Concrètement, chacun de ces pays, dans le contexte actuel, devient un terrain de choix pour le phishing et les tentatives d’escroqueries par e-mail ciblant un nombre phénoménal d’utilisateurs.
Dans un e-mail appelé à véhiculer un malware, le contexte joue un rôle extrêmement important. La nature humaine est ainsi faite que l’angoisse de perdre a toujours engendré des réactions plus prévisibles que les perspectives de gagner. Par exemple, dans le contexte du COVID-19, quel intitulé en objet d’un e-mail est le plus susceptible de susciter une réaction ?
» Comment endiguer la propagation du coronavirus en 3 étapes simples. ? » URGENT : Vous avez été en contact avec un patient atteint du coronavirus. ?
Le premier intitulé ne génère, a priori, aucune angoisse ; il ouvre seulement la perspective d’obtenir davantage d’informations sur les moyens d’endiguer la propagation du coronavirus. Le second intitulé entre dans le vif du sujet : la peur. En pointant un comportement à risque, il accentue le sentiment de manque d’un objet de valeur. En l’occurrence, s’agissant du COVID-19, ce pourrait être la disponibilité de tests de dépistage.
» Ne laissez pas passer votre chance ! Procurez-vous la denrée rare : un test de dépistage !
Ce dernier intitulé de mail joue sur deux registres : l’angoisse et la pénurie. Peu importe que la population ne puisse pas acheter ces tests de dépistage, puisque seuls les États ont la mainmise. L’angoisse de la perte, le sentiment d’urgence et la couverture médiatique du COVID-19 créent des conditions qui ont raison de notre bon sens et nous obligent à agir en fonction de craintes primitives. La peur de la maladie nous pousse à jouer notre va-tout.
Exploiter les vulnérabilités humaines
Les criminels sont aujourd’hui devenus experts en manipulation des émotions humaines, pour mieux cibler leurs actions. L’ingénierie sociale part du principe qu’il est possible d’amener quelqu’un à prendre des mesures censées être dignes de confiance, mais qui sont en réalité malveillantes, en misant sur la manipulation, l’influence et la tromperie.
Les États-nations recourent depuis longtemps à l’ingénierie sociale pour atteindre leurs objectifs dans divers domaines : espionnage, compromission de systèmes, influence électorale ou manipulation des réseaux sociaux. Dans le cadre d’attaques ciblant les messageries d’entreprise (Business Email Compromise, BEC), il s’agit de convaincre le destinataire d’un e-mail que l’expéditeur est un haut responsable exigeant la réalisation d’une […..]
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