Coronavirus : entreprises, préparons » l’après » !
A défaut de visibilité, de la vision
La crise actuelle, et ses impacts économiques, sociaux et politiques qui s’annoncent vertigineux, réduisent fortement la visibilité des entreprises. Bien sûr, il faut actionner les différents mécanismes de soutien mis en place ces derniers jours par le gouvernement. Et revoir les priorités : il ne s’agit plus d’engranger de la croissance, mais d’assurer la sécurité des salariés et de préserver la trésorerie.
En revanche, il ne s’agit pas systématiquement de cesser toute action commerciale, toute recherche et développement, toute communication. La peur ne doit pas nous paralyser et amoindrir notre valeur ajoutée de dirigeant : la vision. Où est-ce que je veux emmener mes collaborateurs, quels sont les points forts de mon activité, comment pourra-t-elle survivre et être utile demain ?
Citoyens, acteurs politiques, dirigeants, nous pensons tous que de cette crise il sortira un monde différent, peut-être même meilleur. Mais ce monde n’arrivera pas tout seul. Il n’existera que si nous allons le chercher, en réunissant dès aujourd’hui les concepts, processus, équipes et stratégies nécessaires.
Protéger les collaborateurs à court terme… et à long terme
Les entreprises ont joué le jeu de la sécurité et la santé des collaborateurs. Elles ont, pour une grande majorité d’entre elles, rapidement relayé les consignes, organisé le télétravail, encouragé le confinement. Mais l’attention portée à l’humain ne doit pas s’arrêter à ces premiers instants. La fameuse continuité de service que nous assurons à nos clients doit s’appliquer, de manière tout à fait symétrique, à nos salariés : réunions téléphoniques hebdomadaires, questions en direct au CEO, communication responsable et transparente… Il est plus que jamais l’heure de pratiquer ce nouveau paradigme managérial prôné depuis plusieurs années, particulièrement par nous les start-up !
A plus long terme, penser « l’après » constitue la manière la plus efficace et pérenne de protéger nos salariés. Sans mentir aux équipes, sans minimiser ni les incertitudes qui nous agitent, ni les risques qui pèsent l’entreprise, nous pouvons les mobiliser autour d’une ambition collective forte – « surfer » sur la crise. Par ailleurs, travailler sa vision, c’est se donner toutes les chances de pouvoir réintégrer, lors de la reprise, ceux qu’il a fallu mettre au chômage partiel !
A cet égard, les start-up et jeunes PME peuvent sembler les plus fragiles, et la tentation est grande de mettre immédiatement 50%, 80%, voire 100% des collaborateurs, en chômage partiel. Bien sûr, chaque situation est différente, et le manque de trésorerie sera peut-être le critère décisionnaire pour la majorité. Mais nous, les entreprises innovantes, sommes peut-être les mieux armées pour naviguer en période trouble et rebondir dans ce monde de demain qui sera plus digital, rapide et fluide que jamais.
Comment se réinventer au milieu du gué ?
Être en capacité de « frapper fort » une fois que le virus sera derrière nous, oui. Pour préparer l’avenir des salariés et contribuer au redressement de l’économie du pays. Mais comment ? En tant qu’entrepreneurs, nous sommes au croisement d’un nombre incalculable de stimuli incessants. Marchés, investisseurs, collaborateurs, médias, conseils, camarades start-up, tous nous disent que l’heure est grave. […..]

