Comment les vers marins pourraient sauver des patients Covid-19 en réanimation
Rappelons que pour l’heure, il n’existe aucun traitement contre le Covid-19. Plusieurs études ont été lancées sur l’hydroxychloroquine, sur le plasma sanguin ou encore sur le vaccin anti-tuberculeux BCG.
« Un essai clinique mené à l’AP-HP, consistant à utiliser du sang de ver marin va pouvoir démarrer après un accord obtenu en urgence », a souligné Pr Jérôme Salomon, lors du point presse quotidien dédié au Covid-19 ce 4 avril.
De quoi s’agit-il exactement ? L’essai MONACO (pour M101 OxygeNAtion Covid) va tester un transporteur d’oxygène (M101) issu de l’hémoglobine de ver marin chez des patients covid+ sévères en réanimation.
Son objectif ? Prouver que l’on peut améliorer l’apport en oxygène chez des patients ayant un syndrome de détresse respiratoire aigu lié au virus SARS-CoV-2. Et bien sûr démontrer la sécurité du traitement (absence d’événements indésirables immédiatement après l’administration).
Les vertus du ver marin, ce « super respirateur » naturel
Au sein des globules rouges, l’hémoglobine sert à transporter l’oxygène vers les tissus. Celle qui est présente chez le ver marin Arenicola marina, présente plusieurs atouts : elle est capable de transporter 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine et sa taille étant 250 fois plus petite, elle peut mieux s’infiltrer dans les alvéoles pulmonaires. Et ce n’est pas tout : son hémoglobine est sans typage sanguin, c’est-à-dire qu’elle est universelle et peut convenir à tout patient, quel que soit son groupe sanguin !
L’AP-HP va mener son essai avec la société Hemarina, qui étudie ces respirateurs naturel depuis plusieurs années. Basée à Morlaix, Hemarina possède sa propre ferme d’élevage de vers marins en Vendée, et disposait fin mars de 5 000 doses immédiatement disponibles avec une capacité d’en produire « assez rapidement » 15 000 autres.
Qui sont les 10 patients inclus dans l’essai ?
Cet essai cible des patients présentant un syndrome de détresse respiratoire aigu, dont les poumons inflammés ne peuvent plus jouer leur rôle. A ce stade, le patient doit être intubé, endormi et placé sous assistance respiratoire, c’est-à-dire qu’il est connecté à un ventilateur artificiel qui lui délivre de l’oxygène.
Dans un premier temps, « 10 patients sous ventilation mécanique ayant une indication d’ECMO mais non éligibles à cette technique pourront, après accord de leur personne de confiance, bénéficier d’une injection de M101, explique l’AP-HP dans un communiqué de presse du 4 avril. Celle-ci se fera de manière séquentielle, patient par patient, avec une augmentation progressive des doses ».
L’ECMO (Extra-Corporal Membrane Oxygenation) est une technique d’assistance respiratoire qui joue le rôle de poumon artificiel. Elle permet l’oxygénation, non à travers le poumon, mais à travers une membrane extracorporelle. Concrètement le sang du patient circule en dehors de l’organisme où il est oxygéné par une membrane. Son utilisation s’est développée dans les services de réanimation au moment de l’épidémie de grippe A H1N1 en 2009. Comme elle nécessite une surveillance lourde […..]
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