Blessure de Nico Williams : l’Espagne perd bien plus qu’un ailier
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Chattanooga, Tennessee. C’est là, dans le camp de base de la Roja, que le staff de Luis de la Fuente retient son souffle depuis vendredi soir. La raison ? Un nom, toujours le même depuis dix-huit mois : Nico Williams.
L’ailier de l’Athletic Bilbao s’est de nouveau blessé face à l’Uruguay (1-0), lors d’un match pourtant maîtrisé par les champions d’Europe. Entré à la 75e minute, il a été stoppé net par un tacle de Nicolás de la Cruz dans le temps additionnel. Sorti en boitant, le visage fermé. La suite, on la connaît déjà.
Selon nos informations, le verdict médical est tombé : lésion musculaire à l’adducteur droit, classée « grade modéré » par la Fédération espagnole. Concrètement, Williams manquera le seizième de finale contre l’Autriche, jeudi 2 juillet à Los Angeles. La fédération a toutefois choisi de le garder dans le groupe — un pari sur l’avenir, ou plutôt sur les phases avancées du tournoi, si la Roja les atteint.
En voilà une nouvelle qui ne va pas arranger les affaires du sélectionneur. Car le problème dépasse largement le cas Williams.
Lors de la même rencontre, Yéremi Pino est lui aussi sorti sur blessure : entorse acromio-claviculaire à l’épaule gauche. Deux ailiers de rotation perdus en une soirée. Le vestiaire va forcément en parler. Et de la Fuente, lui, doit revoir ses plans sur les côtés, alors que le tournoi entre dans sa phase couperet.
Il faut dire que Williams traîne sa malchance depuis bien trop longtemps. Une pubalgie l’a rongé pendant un an et demi. Trois minutes seulement au premier match du Mondial, une trentaine la semaine suivante… et le voilà à nouveau à l’infirmerie. Le grand artisan du sacre à l’Euro 2024 n’aura jamais vraiment retrouvé son rythme dans cette Coupe du monde. La pilule est amère.
Sur ses réseaux, l’intéressé a livré un message poignant, évoquant « l’un des pires jours » de sa vie. Il a aussi pointé du doigt le geste de De la Cruz, jugé « inutile » et commis « sous le coup de la frustration ». Le ton est dur. La déception, immense.
Faut-il pour autant enterrer les ambitions espagnoles ? Pas si vite. La Roja a fini première du groupe H, portée par un but d’Álex Baena, et a prouvé qu’elle savait gagner sans s’appuyer sur Williams. Surtout, l’autre aile reste entre les mains d’un certain Lamine Yamal — l’atout maître, l’homme qui fait basculer les matchs.
Reste la réalité du règlement : la FIFA interdit de remplacer un joueur de champ blessé une fois le tournoi lancé. De la Fuente devra donc composer avec un effectif diminué, en croisant les doigts pour récupérer ses ailiers dans le money time.
Un coup dur, indéniablement. Pas une catastrophe, pas encore. L’Espagne avance, mais avec une épine au pied. Et un Nico Williams qui, lui, n’a pas dit son dernier mot.
