CDM 2026 : Thomas Meunier n’a pas digéré « le côté obscur du football »
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Certains tournois laissent un goût de gloire. D’autres, un arrière-goût plus amer. Pour Thomas Meunier, la Coupe du monde 2026 relève clairement de la seconde catégorie.
Dans un entretien accordé à The Athletic, le défenseur belge de Sunderland s’est montré particulièrement sévère sur la place prise, selon lui, par la politique, l’argent et le spectacle durant la compétition organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Une sortie qui ne doit rien à l’improvisation. Meunier, habitué des grandes joutes internationales avec les Diables rouges, a pris le temps de la réflexion avant de livrer ce constat, en creux, plutôt sévère sur l’évolution du football mondial. Selon lui, ce Mondial 2026 aurait incarné une forme de dérive, où l’aspect sportif se serait retrouvé relégué au second plan.
L’affaire Balogun, symbole d’un malaise plus large
Pour illustrer son propos, l’ancien Parisien est notamment revenu sur la polémique Folarin Balogun, l’attaquant américain dont la suspension après un carton rouge avait été levée à la suite d’une intervention personnelle de Donald Trump auprès du président de la FIFA, Gianni Infantino. Un épisode qui avait suscité une levée de boucliers bien au-delà de la seule sphère du football, jusque dans les cercles politiques européens.
Rarement une décision arbitrale n’aura eu un tel retentissement diplomatique. Et selon Meunier, cet épisode symbolise à lui seul tout ce qui n’allait pas dans l’organisation de ce tournoi — un basculement où les logiques d’image et d’influence auraient pris le pas sur l’équité sportive la plus élémentaire.
Une mise en garde sur la gouvernance du football mondial
Sans nommer directement Gianni Infantino, le défenseur belge a également mis en garde contre une gouvernance qui, selon lui, s’éloignerait dangereusement des valeurs traditionnelles du sport. Une charge qui, ça sent la lassitude sincère plus que la posture calculée, tant Meunier n’est pas coutumier de ce genre de sorties médiatiques appuyées.
Le milieu du football a d’ailleurs largement relayé ces propos, tant ils viennent nourrir un débat déjà bien installé depuis l’épisode Balogun. Plusieurs observateurs avaient dénoncé, dès l’été, une FIFA jugée trop proche du pouvoir américain, dans un contexte où les États-Unis représentent un marché stratégique majeur pour le développement économique du football mondial.
Reste à savoir si ce genre de sortie, aussi sincère soit-elle, aura un quelconque impact sur les pratiques de gouvernance de l’instance mondiale. Pour l’instant, le constat de Meunier a le mérite de remettre sur la table un débat que beaucoup, dans le vestiaire international, préfèrent visiblement garder pour eux. Une prise de parole qui, à sa manière, tranche avec la discrétion habituelle du monde professionnel sur ces sujets sensibles.
