Nabil Fekir en Arabie saoudite : le champion du monde 2018 relance sa carrière à Abha
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Libre depuis la fin de son contrat aux Émirats, l’ancien capitaine de l’OL s’est engagé avec un club promu qui n’avait jamais accueilli un joueur de ce standing.
Fondé en 1966. Soixante ans d’existence, une histoire tranquille dans le sud-ouest du Royaume, et jamais — pas une seule fois — un champion du monde sous le maillot. Abha vient de changer de dimension.
En voilà une signature qui va faire parler dans la Roshn Saudi League.
Un transfert libre, un contrat court
C’est acté : Nabil Fekir est un joueur d’Abha. Le club, tout juste promu en première division saoudienne, a officialisé l’arrivée du milieu offensif français de 33 ans, arrivé libre de tout contrat après son passage à Al-Jazira, aux Émirats arabes unis. L’engagement porterait sur une saison, assortie d’une clause de prolongation d’un an supplémentaire, selon les informations parues dans la presse saoudienne.
Rien d’un contrat pharaonique, donc. Plutôt un pari mutuel : un club qui a besoin d’un nom pour exister dans l’élite, un joueur qui cherche un dernier grand rôle.
Ce qu’il apporte
Ne réduisons pas Fekir à son passé lyonnais, même si le raccourci est tentant. Sa dernière saison à Al-Jazira a été plus que correcte : 9 buts et 3 passes décisives, un rendement qui explique l’intérêt saoudien. À 33 ans, il n’arrive pas en fin de course.
Le rappel du parcours, tout de même, donne le vertige. Formé à l’Olympique Lyonnais, 192 matchs et 69 buts sous le maillot rhodanien, capitaine du club à partir de 2017, champion du monde avec les Bleus en 2018. Puis le Betis Séville en 2019 contre une vingtaine de millions d’euros, et une Coupe du Roi remportée en 2022 avec les Andalous.
Abha attend de lui exactement ce qu’il a toujours su faire : créer, éclairer, faire la différence dans les vingt derniers mètres. Le club affiche l’ambition de s’installer durablement dans l’élite après sa montée. Ambition raisonnable. Ou plutôt, prudente.
Le Golfe, cette nouvelle habitude
Le mouvement n’a plus rien d’exceptionnel, et c’est peut-être le plus intéressant dans cette histoire. Fekir ne rejoint pas Al-Hilal ou Al-Nassr, les vitrines habituelles du championnat saoudien, mais un promu qui n’a ni les moyens ni le rayonnement des cadors de Riyad et Djeddah. Signe que la Saudi Pro League s’étend désormais au-delà de ses quatre clubs phares, et que le marché des joueurs européens expérimentés y trouve preneur à tous les étages.
Cette même semaine, Mohamed Salah rejoignait Trabzonspor, en Turquie. Deux trajectoires différentes, une même logique : les championnats périphériques attirent désormais des profils qui, il y a cinq ans, seraient allés ailleurs.
Pour les supporters lyonnais, revoir Fekir si loin des projecteurs européens laisse un goût particulier. Ils ont connu ça avec d’autres.
Reste à voir ce que ce quasi-inconnu du grand public saoudien fera d’un joueur pareil.
