Florian Thauvin au firmament
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Il y a des soirées qui réécrivent une carrière. Vendredi, au Stade de France, Florian Thauvin en a vécu une de celles-là. Un but. Une passe décisive. Et au bout du compte, le premier sacre en Coupe de France de l’histoire du RC Lens, acquis face à Nice (3-1). Personne ne l’avait vu venir avec une telle ampleur — ou plutôt, si peu de monde avait parié sur ce scénario il y a encore dix mois.
Tout s’est accéléré ces dernières heures, dans le sens le plus beau du terme pour les supporters artésiens. Dès les premières minutes, le Stade de France a compris que la nuit appartenait au numéro 10 lensois. Bien positionné dans la surface, il capte un centre d’Udol intelligemment laissé par Thomasson et ouvre le score. Quelques instants plus tard, il dépose un corner millimétré sur la tête d’Odsonne Édouard. Deux gestes, deux impacts, un titre. Un coup de maître. Ou presque — tant la Coupe de France aime les fins de match à suspense.
Dans les tribunes, les Sang et Or ont explosé. Jusque dans les loges présidentielles, où Gervais Martel et Joseph Oughourlian ont célébré ensemble, des larmes aux yeux. Pour un club de la profondeur populaire de Lens, ce trophée résonne bien au-delà du sport.
Une revanche sur les doutes
C’est acté : Thauvin a tourné la page des années de galère. Mais revenons en arrière. Lorsque Lens débourse environ 6 M€ pour le rapatrier en France après un passage à l’Udinese, le scepticisme est réel. Newcastle, raté. Les Tigres de Gignac au Mexique, contrasté. Et des saisons à l’écart des sommets européens qui, forcément, entament une réputation. La pilule était dure à avaler pour ses admirateurs des grandes années marseillaises.
Le constat, aujourd’hui, est aux antipodes. Sous la direction de Pierre Sage, le champion du monde 2018 est devenu le patron offensif d’une équipe qui, rappelons-le, terminera la saison dauphin du PSG en Ligue 1 et qualifiée pour la prochaine Ligue des Champions. Quatorze buts, dix passes décisives toutes compétitions confondues. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes — et le vestiaire en parle, lui aussi, avec beaucoup de respect.
L’empreinte au-delà du score
Le dossier est désormais bouclé sur un plan sportif, mais il reste une blessure personnelle, plus discrète. Malgré un retour remarqué en équipe de France cette saison, Didier Deschamps ne l’a pas retenu pour le Mondial 2026, lui préférant une génération offensive plus jeune. Une déception forcément difficile à digérer — lui qui venait de retrouver son meilleur niveau après des années compliquées.
Thauvin, pourtant, a choisi une autre forme d’accomplissement. « On voulait rendre les gens fiers », a-t-il confié au micro de France Télévisions après le coup de sifflet final. Une phrase simple, sincère, qui résume tout.
Parce qu’au fond, ce qui frappe dans cette histoire, c’est la trajectoire. Un retour discret en France, transformé en rebond éclatant. Un contrat signé dans le doute, devenu légende locale en moins d’un an. Bollaert l’a adopté. L’histoire lensoise l’a gravé.
Les dés sont jetés pour la suite : Lens aborde la saison prochaine avec une Coupe de France dans la vitrine, un ticket pour l’Europe de l’élite, et un leader enfin pleinement épanoui. Il faudra faire mieux encore. Mais pour ce soir, c’est suffisant. Largement.
