Espagne : 40 matchs sans perdre, la Roja réussit ce qu’aucune sélection n’avait jamais fait
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Un Euro, une Coupe du monde, et plus aucune défaite depuis mars 2024. En battant la Croatie mardi, l’Espagne a franchi un cap que personne n’avait jamais atteint. Avec un petit astérisque, tout de même.
Quarante. Le chiffre donne le vertige, et il est désormais gravé dans l’histoire. En s’imposant 4-1 face à la Croatie mardi soir à Séville, en Ligue des Nations, l’Espagne est devenue la première sélection de l’histoire à enchaîner 40 matchs consécutifs sans défaite, selon Squawka, repris par Goal et Foot Mercato. Sa dernière défaite remonte à un amical perdu face à la Colombie (1-0), en mars 2024.
Entre-temps ? Presque rien. Juste un Euro 2024 et une Coupe du monde 2026, remportés dans la foulée. Et une deuxième étoile, fraîchement cousue sur le maillot, présentée mardi au public du stade Ramón Sánchez-Pizjuán avec le trophée mondial. Difficile d’imaginer décor plus solennel pour entrer dans la légende.
Sur le terrain, la Roja n’a pas traîné. Lamine Yamal a ouvert le score après à peine plus d’une minute de jeu, bien servi au terme d’une action collective à laquelle ont participé Cucurella et Fermín López. Selon Opta, l’Espagne a ainsi marqué dans les deux premières minutes lors de deux matchs consécutifs, après l’Angleterre samedi. La Croatie a bien égalisé par Dion Beljo, de la tête, avant que Pubill, Yamal encore et Nico Williams ne fassent exploser la défense de Livakovic. Neuvième victoire de rang. Rien que ça.
Reste ce fameux astérisque. Car la série n’est pas tout à fait immaculée (et ses détracteurs ne manqueront pas de le rappeler). L’Espagne a bien perdu une finale de Ligue des Nations face au Portugal, mais aux tirs au but. Or, dans les statistiques officielles, une séance de tirs au but ne compte pas comme une défaite. Techniquement, le record tient. Moralement, chacun jugera. Au Portugal, on sourira sans doute.
Il n’empêche. Rarement une sélection aura régné avec une telle constance sur le football mondial. Sous la houlette de Luis de la Fuente, l’Espagne a trouvé une formule qui semble résister à tout : aux changements de génération, aux blessures, aux adversaires les plus coriaces. Le vestiaire croate en sait quelque chose. Son sélectionneur, Slaven Bilić, a d’ailleurs reconnu après la rencontre que ses joueurs avaient donné l’impression d’être venus assister à la fête espagnole.
Au classement, la Roja pointe seule en tête de son groupe avec six points, après avoir déjà dominé l’Angleterre lors de la première journée. Autant dire que la route vers un troisième Final Four de suite en Ligue des Nations s’annonce dégagée.
La vraie question, désormais, est ailleurs : qui arrêtera cette Espagne-là ? Depuis deux ans et demi, personne n’a trouvé la réponse. Ou plutôt, personne n’a trouvé la réponse en 90 minutes. Le Portugal, lui, a eu besoin des tirs au but.
