Acné : quoi de neuf pour la soigner ?
Manque de sommeil, hygiène de vie délétère, stress, alimentation déséquilibrée, surconsommation de sucres rapides : tout cela modifie l’écosystème cutané et favorise l’éclosion de boutons d’acné. S’y ajoutent souvent moult erreurs, à commencer par les triturations de la peau et les mauvaises habitudes cosmétiques.
Premier conseil, « utiliser un gel nettoyant qui respecte le pH de l’épiderme », explique le Pr Brigitte Dréno, chef du service de dermato-cancérologie au CHU de Nantes (44). Par exemple ceux créés par les stations thermales (Uriage, Avène, La Roche-Posay… ) ou d’autres gammes dermocosmétiques adaptées aux peaux fragiles et réactives. « On évite ce qui est à base de fruits et de plantes sur une peau grasse », rappelle la spécialiste, qui déconseille les masques faits maison à base d’avocat, de citron ou de tout autre extrait végétal. Les huiles essentielles, elles, ne doivent surtout pas être utilisées pour assécher et désinfecter la peau. À proscrire : les gommages, masques anti-imperfections et toute autre action détergente… Nettoyer sa peau deux fois par jour avec un produit doux est largement suffisant !
3 types de traitement
Lorsque l’acné est légère, les dermatos disposent de 3 types de traitement : le peroxyde de benzoyle, les rétinoïdes topiques et les antibiotiques locaux.
- Le peroxyde de benzoyle est efficace contre la prolifération de la bactérie responsable de l’acné, mais il présente l’inconvénient d’être photosensibilisant.
- Les rétinoïdes topiques (analogues de la vitamine A) agissent en luttant contre l’inflammation et la suractivité du follicule pilosébacé. Le plus récent, l’adapalène, est moins irritant et tout aussi efficace que la trétinoïne. Le trifarotène n’est pas encore autorisé en France mais il devrait obtenir prochainement une AMM pour les lésions du dos. On peut y ajouter de l’acide azélaïque, qui a une petite activité antimicrobienne, et du gluconate de zinc.
- Les antibiotiques locaux sont habituellement des macrolides (érythromycine, clindamycine). Depuis quelques années, on dispose de combinaisons fixes qui associent plusieurs catégories de médicaments en une seule crème : rétinoïdes et peroxyde de benzoyle ou bien antibiotiques et rétinoïdes.
Antibiotiques : jamais plus de 4 mois de traitement
« Pour les acnés minimes et modérées j’ai abandonné les antibiotiques locaux, en raison du développement de bactéries résistantes à ces médicaments », explique le Pr Dréno. Dans la majorité des cas, on obtient le même résultat avec du peroxyde sans induire de résistance. Ce n’est que pour les acnés plus sévères (qui touchent le tronc ou le dos), que la dermatologue peut être amenée à proposer des antibiotiques par voie orale. Mais jamais sur une longue période. « On voit en consultation des patients mis sous cyclines depuis un an. C’est beaucoup trop. »
En pratique, on ne devrait jamais dépasser 4 mois de traitement. Si l’antibio est impuissant à juguler l’acné, il faut changer de stratégie : l’isotrétinoïne (Roaccutane) est une solution très efficace, même si le médicament a de nombreux effets secondaires.
Une nouvelle pilule anti-acné
Certaines pilules aggravent l’acné, […..]

