Maux de l’hiver : comment faire face ?
Environ 200 virus circulent , qui provoquent en moyenne 3 infections par an et par personne. Peut-on leur échapper ou, tout au moins, réduire les risques de contamination ?
Les épidémies sont-elles plus fréquentes quand le thermomètre plonge ?
L’augmentation des maladies respiratoires est indéniable en hiver. Tout comme celle de la grippe et des gastro-entérites. En 2008, des chercheurs ont étudié la propagation des virus en variant la température et l’humidité de l’environnement. Ils ont constaté qu’une température de 5 °C et un degré d’humidité de 20 % offraient les conditions idéales pour la transmission virale. Philip Rice, de l’hôpital St-Georges de Londres, a, pour sa part, suggéré que les ultraviolets joueraient un rôle dans les épidémies. Selon ses travaux, ces rayons dégraderaient naturellement les virus.
Or, au cours de l’hiver, l’ensoleillement est minimal. Et si, en 2018, 1 Français sur 5 et un tiers des personnels hospitaliers ont été malades en avril et en mai, c’est parce que la météo maussade a joué les prolongations. En 2009, l’Institut national de veille sanitaire justifiait aussi les épidémies hivernales par la promiscuité : nous aurions davantage tendance à nous concentrer dans des espaces confinés, peu aérés, et à nous blottir les uns contre les autres près de la cheminée lorsqu’il fait froid.
Les virus sont-ils plus nombreux en hiver ?
Il semble que ce soit le cas. Une équipe sud-coréenne a filtré l’air à Séoul, dans une forêt et dans un complexe industriel et trouvé entre 2 et 40 millions de virus dans un mètre cube d’air. Ce qui revient à dire que, sans le savoir, nous inhalons jusqu’à 400 000 virus par minute ! L’immense majorité d’entre eux, heureusement, ne nous veut aucun mal (ils s’attaquent aussi aux arbres, aux champignons, aux bactéries). Reste que, dans l’étude, leur concentration variait indiscutablement selon les saisons, avec un pic en janvier et un déclin à partir du printemps.
On sait aussi que certains virus, comme celui de la grippe, survivent plus longtemps dans l’air lorsque la météo est humide et froide. Cette longévité augmentée leur donne évidemment plus de chances de contaminer un pauvre humain.
Faut-il redouter le froid ?
Contrairement à une opinion répandue, l’air froid ne peut, à lui seul, provoquer une infection : elle résulte toujours d’un déséquilibre entre la virulence d’un microbe et nos capacités de résistance.
Néanmoins, être transi concourt à saper nos défenses. Normalement, les narines filtrent, humidifient et réchauffent l’air que nous inhalons, formant ainsi une barrière contre les agressions (c’est parce que de nombreux vaisseaux sanguins le réchauffent que nous avons le nez rouge quand l’air est glacé !).
Mais, pour que ce mécanisme remplisse son rôle, l’air inspiré ne doit pas être trop froid. Car les basses températures entraînent une vasoconstriction […..]

