Lumière bleue : quels effets sur la peau ?
Les marques de cosmétiques développent des gammes anti lumière bleue, surfant sur la phototoxicité supposée de ce rayon lumineux d’une longueur d’ondes allant de 400 à 600 nanomètres environ. Des récentes études ont démontré que la lumière bleue de nos écrans endommagerait la rétine, pourrait favoriser la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge), affecter la concentration ou encore saper notre humeur. Mais quid de la peau ? Des experts appellent à la vigilance face aux écrans car la lumière bleue générerait un stress oxydatif, tout comme l’est le tabac, la pollution ou les UV. La lumière bleue est-elle vraiment l’ennemie de notre peau ? Pour y voir plus clair, nous avons posé la question à Marie-Estelle Roux, dermatologue à Paris.
La lumière bleue a-t-elle des effets positifs sur la peau ?
Marie-Estelle Roux, dermatologue : Nous savons, grâce à des études de recherche, que la lumière bleue, délivrée à basse énergie par des LED, peut améliorer les processus de cicatrisation, notamment en améliorant la vascularisation et en accélérant la fabrication d’un nouvel épiderme.
Une faible dose de lumière bleue peut par ailleurs avoir une action anti-microbienne. On peut ainsi améliorer l’acné, ou des mycoses de la peau et des ongles, grâce à une lumière bleue.
Mais la lumière bleue qui nous arrive du soleil [ou des écrans] produit aussi des effets délétères sur nous comme l’ont mis en évidence des études récentes.
En quoi la lumière bleue est-elle mauvaise pour le derme ?
Marie-Estelle Roux : La lumière bleue induit une pigmentation durable (jusqu’à 3 mois) sur la peau, en particulier sur les phototypes III et plus (c’est-à-dire les peaux les plus foncées, le phototype I correspondant à une peau très claire et le phototype VI à une peau très foncée). Autrement dit, ce sont les phototypes III et plus qui doivent particulièrement se protéger de la lumière bleue en prévention des tâches sur la peau (mélasma, masque de grossesse, tâches liées au vieillissement de la peau…).
On accuse aussi la lumière bleue de faire vieillir la peau plus vite…
Marie-Estelle Roux : Oui, la lumière bleue est impliquée dans le vieillissement cutané. Il est bien connu que les ultra-violets (rayons lumineux dont la longueur d’onde est comprise entre 100 et 400 nanomètres) sont la première cause du vieillissement de la peau. Leur longueur d’onde courte leur confère beaucoup d’énergie, et ils peuvent induire des dégâts sur l’ADN.
La lumière bleue a une longueur d’onde plus longue que les UV, son énergie est moins importante, mais ces rayons pénètrent plus profondément dans la peau, où ils peuvent également avoir des effets délétères. Il a été démontré que la lumière bleue altère la structure des cellules de l’épiderme (les kératinocytes) et diminue la production de collagène et d’élastine [deux protéines responsables de la […..]

