Le jeûne intermittent pour prévenir les maladies métaboliques ?
Des périodes de jeûne pour se protéger de l’obésité et du diabète ? C’est la piste suivie par les scientifiques de l’Institut Salk pour les études biologiques, en Californie. Dans la revue Cell Metabolism publiée le 30 août dernier, ils démontrent que répartir les calories consommées quotidiennement sur une période de 10 heures par jour (ce qu’on appelle jeûne intermittent) permettrait de prévenir les troubles métaboliques tels que l’obésité ou le diabète.
» Pour un bon nombre d’entre nous, la journée commence par une tasse de café en tout début de matinée et se termine par une collation avant le coucher, 14 ou 15 heures plus tard, développe Satchidananda Panda, professeure à l’Institut Salk et auteure principale de l’étude. Mais limiter sa consommation de nourriture à 10 heures par jour et jeûner le reste peut conduire à une meilleure santé, quelle que soit notre horloge biologique. » Car c’est bien d’horloge biologique dont il est question.
Synchronisation des horloges cellulaires
En fait, pour arriver à cette conclusion, deux études ont été nécessaires. Pour la première, Satchidananda Panda et son équipe ont travaillé avec deux groupes de souris : le premier avec un accès illimité à de la nourriture riche en graisses et le deuxième avec un accès limité à 10 heures par jour à cette même nourriture. Ils avaient alors montré que les souris ayant accès 24 heures sur 24 à un régime gras développaient des maladies métaboliques, notamment un taux élevé de cholestérol ou du diabète. Mais les souris du 2ème groupe, elles, étaient devenues » minces », saines et en bonne santé.
Ils en avaient conclu que cet effet bénéfique d’une plage horaire d’alimentation réduite (8 à 10h VS 24h) était dû à une meilleure synchronisation de leurs horloges cellulaires. Car chaque cellule fonctionne selon un cycle qui dure 24 heures, appelé rythme circadien. Ce rythme biologique se décompose en plusieurs phases durant la journée. Ainsi, chez l’homme, les gènes de la digestion sont plus actifs assez tôt dans la journée, alors que les gènes de la réparation cellulaire sont plus actifs la nuit, période de jeûne.
Pour confirmer leur hypothèse, une autre étude a été nécessaire. Ils ont alors voulu tester ce même protocole (accès 24h sur 24 à de la nourriture enrichie en graisse VS nourriture disponible 10h par jour) sur des souris dont l’horloge interne était désactivée (souris génétiquement modifiée).
Ils s’attendaient à ce que les souris de deux groupes développent des maladies métaboliques, étant l’absence d’horloge biologique pour dicter aux cellules quoi faire à quel moment.
Or, il s’avère que même chez les souris sans horloge, le fait de ne manger que 10h par jour suffisait à leur éviter les maladies métaboliques : elles aussi étaient en bonne santé.
Équilibre entre digestion et réparation cellulaire
Comment l’expliquer ? » En fait, notre première étude nous laissait penser que l’horloge biologique était programmée pour « éteindre » et « allumer « les gènes du métabolisme à des moments donnés, explique Amandine Chaix, scientifique à l’Institut Salk. Et […..]
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