»J’ai donné mes ovocytes »
Témoignage
J’ai donné mes ovocytes il y a huit mois, mais mon désir de le faire remonte à douze ans, j’avais alors 20 ans. J’ai su très jeune que je ne voulais pas d’enfant, et je me suis dit que, si mes ovocytes s’avéraient en bon état et fertiles, il serait dommage qu’une femme qui essaie désespérément d’être enceinte, en vain, n’en bénéficie pas.
Mais, à l’époque, la loi de bioéthique inter disait le don aux femmes n’ayant pas eu d’enfant. Ma motivation s’est encore renforcée en voyant l’une de mes amies s’effondrer de désespoir après chaque échec de ses Fiv.
Donner mes ovocytes, c’est offrir à une femme infertile le bonheur que je n’ai pas vu dans les yeux de mon amie. Lui offrir la possibilité de se sentir enfin comblée et épanouie, en fondant la famille qu’elle désire, et qu’elle puisse donner tout son amour à un enfant.
Même si, pour moi, l’épanouissement personnel ne passe pas par la maternité ni par une grossesse, que je n’ai pas le désir physique de vivre. J’ai d’ailleurs refusé de congeler une partie de mes ovocytes pour moi-même, comme le prévoit la loi pour les donneuses qui ne sont pas encore mères.
« Ma motivation s’est encore renforcée lorsque j’ai vu l’une de mes amies s’effondrer de désespoir après chaque tentative ratée de ses Fiv. » Pas facile la stimulation hormonale !
Le traitement débute par la stimulation hormonale, qui s’étend sur dix jours, afin d’obtenir la maturation de plusieurs ovocytes. Tout s’est bien déroulé, à l’exception des trois premiers jours. Le temps que le corps s’habitue aux fortes doses d’hormones reçues en injections quotidiennes, j’ai vécu l’enfer sur terre…
J’ai cumulé des migraines, d’importantes bouffées de chaleur, des nausées, j’étais éreintée au point de dormir douze heures par jour et je passais du rire aux larmes. Le bouleversement hormonal du premier trimestre de la grossesse, en fait. Depuis, les femmes enceintes sont mes nouvelles héroïnes (rires) ! Mais ces désagréments s’oublient vite. Le plus contraignant reste d’avoir, un jour sur deux, des prises de sang et des échographies pelviennes pour surveiller la maturation des ovocytes.
Une anesthésie pour la ponction
À l’issue de ces dix jours, l’ovulation a été déclenchée par une ultime injection et, 36 heures plus tard, je me suis rendue à la maternité (pour la seule fois de ma vie, de fait). Alors, j’ai demandé au chauffeur de taxi : » Puis-je vous tenir le bras et vous appeler chéri sur dix mètres ? » J’aime rire et vu que les hôpitaux m’angoissent, autant plaisanter avant de passer au bloc… Car j’ai souhaité que la ponction des ovocytes se fasse sous anesthésie générale. Arrivée à 7 h 30, je suis rentrée chez moi à 14 h, en pleine forme. Du coup, je ne me suis ni reposée ni allongée. Résultat : des douleurs lombaires épouvantables durant une semaine. Et, trois mois plus tard, j’ai fait une flambée d’acné liée aux doses d’hormones. Mais ce n’est rien en regard de ce que […..]
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